Le cardinal Clément Roques (1880-1964) fut archevêque de Rennes pendant la seconde guerre mondiale. Arrivé en juin 1940, il résista aux exigences de l'Occupant en soustrayant les séminaristes au Service du Travail Obligatoire et en protégeant clandestinement des juifs et des résistants.

Après la guerre, il maintiendra l'Eglise bretonne dans la ligne de Rome. Il meurt en 1964.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pauline Gasquet-James (1887-1977), citoyenne américaine, née à  Esopus, dans l'état de New-York, épousa Henri de la Choué de La Mettrie et passa une grande partie de sa vie à  Dinard. Pendant la grande guerre, elle s'engagea comme ambulancière de la Croix Rouge française et sa conduite valu la Légion d'honneur. Elle décéda en 1977 à  Dinard, au Prieuré, ancien couvent vendu comme bien national à  la Révolution qu'elle légua au vicariat des Armées françaises.

 

 

 

 


Jean Nobilet (1888-1944) passa son enfance à  Saint-Thual dans la ferme de ses parents. Après la première guerre mondiale où sa conduite héroïque lui valu quatre citations et une blessure, il s'installa avec son frère à  la ferme de la Talmachère à  Saint-Brieuc-des-Iffs. Militant catholique et rural, il se consacra pendant vingt ans à  la défense de la classe paysanne.

En 1943, il rejoint le réseau « Buckmaster ». Il accueille chez lui un officier anglais parachuté à  Martigné-Ferchaud et plusieurs responsables du réseau. Ils organisent la réception d'un parachutage d'armes de trois tonnes. Un deuxième parachutage est prévu, mais la Gestapo investit la ferme et procède à  l'arrestation de Jean Nobilet, de son frère, de ses deux fils et de ses deux domestiques ainsi que de l'officier anglais... Ils sont emprisonnés à  Rennes avant d'être déportés au camp de Matthausen en avril 1944. Jean Nobilet y meurt le 18 juillet 1944, seul le plus jeune fils est revenu de captivité.


Albert Aubry (1892-1951), né à  Malestroit, arrive à  Rennes en 1906 où son père travaille à  l'arsenal. Entré à  l'école normale en 1908, il est nommé instituteur au Tronchet. Il devient alors un des animateurs du syndicat des instituteurs du département. Mobilisé en 1914, il termine la guerre comme lieutenant dans une unité de chars et est grièvement blessé quelques jours avant l'armistice.

De 1919 à  1924, il est député socialiste d'Ille-et-Vilaine, puis conseiller municipal de Rennes en 1925.

Entré très tôt dans la Résistance, il adhère au mouvement « Libération Nord » et au réseau « Confrérie Notre-Dame de Castille ». Inquiété en 1942 par la Gestapo qui l'épargne en sa qualité de mutilé de guerre, il est finalement arrêté à  Clisson le 18 février 1944 et déporté au camp de Neuengamme.

Libéré par les troupes anglaises, il sera à  son retour réélu député d'Ille-et-Vilaine en 1945, et décédera en 1951. A l'Assemblée nationale, il aura été l'artisan du statut spécial des déportés.


Yves Milon (1896-1987) s'engagea dans l'infanterie en 1915, à  l'âge de 18 ans. Il reçut la Croix de guerre à  Verdun et fut blessé en 1918 par un obus à  gaz. De retour à  Rennes, il poursuivit des études de géologie ; nommé professeur en 1930, il créa l'Institut de Géologie, rue du Thabor. Affecté en 1940 dans le service de géologie des armées, il créa dès la défaite un réseau de résistance très actif : sous couvert de prospection, il pouvait circuler dans toute la Bretagne et porter les renseignements aux membres du réseau. Son fils mourut lors d'une traversée de la Manche.

A la Libération, il est le chef de la Délégation spéciale mise en place à  Rennes par le commissaire de la République. Cette nomination sera confirmée par une élection en 1945, puis en 1947. Jusqu'au 1953, il mettra sur pied une politique de réflexion sur l'avenir de la culture et de l'enseignement à  Rennes. Ne se représentant pas en 1953, il se consacrera alors à  la géologie, en grand savant qu'il était aussi.

 


Parmi les différents aspects de la vie si riche de Charles Tillon (1897-1993), son action dans la Résistance tient un place importante. Né à  Rennes, après des études techniques, il s'engage dans la Marine en 1916. Embarqué sur le Guichen que la France veut tourner contre les révolutionnaires russes, il devient l'un des révoltés de la mer Noire A son retour, militant communiste, il obtiendra plusieurs mandats politiques et sera de tous les combats pour la liberté et la justice. Il combat en 1936 avec les républicains espagnols et est emprisonné par les franquistes.

 

 

 


Guy La Chambre (1898-1975) est peut-être le plus illustre. Né à  Paris, descendant d'une famille d'armateurs malouins, il fit de brillantes études au lycée Louis le Grand avant de s'engager en1916. Gazé en octobre1917, il reçoit la Croix de guerre en 1918. Il obtient alors un poste de secrétaire à  la commission interalliée d'armistice à  Coblence. Devenu avocat, il entre en politique et est élu député d'Ille-et-Vilaine en 1928. En 1932 il entre dans le cabinet de Paul Boncours et devient ministre de l'Air en 1938. Inculpé au procès de Riom, il sera emprisonné jusqu'en 1944.

Maire de Saint-Servan avant la guerre, il devient maire de Saint-Malo en 1947 et sera la cheville ouvrière de la reconstruction de la ville martyre. Grâce à  son action infatigable et aux relations qu'il a gardées dans les ministères, il obtient une reconstruction exemplaire. Il reste maire jusqu'en 1965, s'opposant à  la fusion des trois villes.


Georges Coudray (1902-1998), né à  Evran (Côtes-d'Armor), pharmacien, fut maire de Paramé de 1955 à  1967. Paramé était encore une commune agricole dont il accompagna le développement en participant aux structure intercommunales mises en place dans les années 1960, action qui devait aboutir à  la création du grand Saint-Malo. Conseiller général, plusieurs fois député, il se spécialisa dans les questions d'urbanisme et d'habitat et s'intéressa aussi beaucoup aux problèmes relatifs à  la Marine marchande.

 

 

 

 

 

 


Virginia d'Albert-Lake était aussi américaine. Elle rencontra en France Philippe d'Albert-Lake qu'elle épousa et avec qui elle s'installa à  Paris. Ils s'engagèrent dans la Résistance, dans le réseau parisien « Comète » et furent chargés de récupérer et d'aider les pilotes alliés abattus. Sa connaissance de la langue anglaise lui permettait de repérer les agents allemands infiltrés dans le réseau.

Arrêtée par les Allemands en juin 1944, elle fut déportée à  Ravensbrück, puis au camp de travail de Königsberg. Après la guerre, le couple d'Albert-Lake s'établit à  Pleurtuit. Virginia reçut la Légion d'honneur en 1989.


Geneviève de Gaulle était la fille du frère aîné de Charles de Gaulle. Elle a vécu à  Rennes de 1939 à  1941 rue de Robien, poursuivant des études d'histoire. En 1941, elle rentra à  Paris et entra dans la Résistance dans le réseau du musée de l'Homme sous le nom de Germaine Lecomte, puis de Geneviève Garnier. Elle fut arrêtée dans une librairie de la rue Bonaparte le 20 juillet 1943 alors qu'elle transportait des documents compromettants. Déportée à  Ravensbrück, elle s'y liera d'amitié avec Virginia d'Albert-Lake.

C'est ce même « refus de l'inacceptable » qui la conduira en 1958 à  lutter contre le grande pauvreté avec le père Wrësinski et l'abbé Pierre. Elle s'engage dans le mouvement ATD Quart Monde dont elle prendra la présidence en 1964.

 

 

 


Louison Bobet (1925-1983) Né à  Saint-Méen-le-Grand dans une famille de boulangers, Louison Bobet débuta une carrière de coureur cycliste en 1943. Dès 1946, il gagna le championnat de France sur route des amateurs. Rapidement il fut enrôlé dans l'équipe de France, mais il fallut attendre 1953 pour le voir remporter son premier Tour de France. Il renouvela cet exploit en 1954 et 1955 : il est le premier à  avoir gagné le Tour trois années de suite.

Son palmarès est prestigieux : il a gagné toutes les grandes courses, Milan-San Remo, le Tour de Lombardie, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, le Grand prix des nations, Bordeaux-Paris, etc. Il n'y a guère que le tour d'Italie qui lui ait échappé. Il avait été champion du monde dès 1954.

Ambitieux, intelligent, travailleur infatigable, il était devenu l'archétype du coureur complet et jouissait d'une grande popularité.


Ils sont quatre frères, dans cette famille installée à Louvigné-de-Bais, en Ille-et-Vilaine, depuis 1936, à avoir eu un comportement absolument exemplaire pendant la seconde guerre mondiale. Trois d’entre eux ont eu la Légion d’honneur, le quatrième est mort en martyr.

Jacques Amyot d’Inville, né en 1908, Saint-Cyrien de la promotion « Foch » (1928-1930). Il sert au 11° Régiment de tirailleurs algériens puis, à partir de 1936, successivement au 1° Régiment étranger et au 2° Régiment étranger au Maroc. Capitaine commandant de compagnie au 3° Régiment étranger, à Meknès, en 1943, il participe à la campagne de Tunisie. Il est tué le 29 avril 1943 à Hemchir-Dombda (Tunisie).

Cité à l’ordre du corps d’armée par le général Juin le 8 juin 1943, il fut décoré de la Légion d’honneur, à titre posthume, par le général Giraud, le 25 septembre 1943.

Hubert Amyot d’Inville, né en 1909, après avoir fait son service militaire comme sous-marinier, il tente de se faire activer en 1930. Il commence alors une carrière de lieutenant au long cours. En 1939, mobilisé comme enseigne de vaisseau, il prend le commandement d’un dragueur de mines avec lequel il participe au déminage des côtes normandes entre Cherbourg et Dunkerque, notamment lors de l’évacuation de Dunkerque. Son bateau touché et coulé, il rejoint l’Angleterre où, s’engageant dans les forces navales de la France libre (FNFL), il est à la création du premier Bataillon de fusiliers marins. Avec cette unité, il participe, en 1940, aux opérations de Dakar et du Gabon. En 1941, il est en Syrie et au Liban, puis en Egypte et en Libye, notamment à Bir Hakeim. Il termine cette campagne en Tunisie.

En 1944, avec le grade de capitaine de frégate, il commande le 1° Régiment de fusiliers marins, au sein de la 1° Division française libre (DFL), lors de campagne d’Italie. Il a été tué, le 10 juin 1944, devant Montefiascone, en sautant sur une mine au cours d’une inspection de ses éléments les plus avancés.

Officier de la Légion d’honneur, Compagnon de la libération, il est titulaire de la croix de guerre, avec cinq citations à l’ordre de l’armée.

Gérald Amyot d’Inville, né en 1910, prêtre à Senlis (Oise) et officier de réserve, il participe à la campagne de France de 1940, au sein du 26° Régiment d’artillerie. Démobilisé, il entre en 1942 dans la résistance. Lieutenant des forces françaises de l’intérieur (FFI) et chef de réseau, il est arrêté le 13 décembre 1943, déporté à Buchenwald en février 1944, puis au camp de Dora. Il y poursuivit son apostolat dans les pires conditions et la misère la plus extrême. Découvert et roué de coups, il meurt en véritable héros et martyr à Elrich (Allemagne) le 29 janvier 1945.

Guy Amyot d’Inville, né en 1918, s’engage pour trois ans au 18° Régiment de dragons, régiment de chars légers. Après avoir suivi un cours d’élèves officiers, il rejoint, comme aspirant, chef de peloton de chars Somua, le 7° Régiment de cuirassiers. Le 5 juin 1940, près de Oissy (Somme), grièvement blessé dans son char détruit lors d’une contre attaque, il est capturé par les allemands et fait prisonnier.

Cité à l’ordre du corps d’armée, le 21 septembre 1940, il sera ensuite fait chevalier de la Légion d’honneur.

 

 

 

 

 

Comte Roger Esprit René de la Bourdonnaye (1885-1965) Né le 3 juin 1885 à Goven, il est admis en 1904 à l’Ecole spéciale militaire de Saint Cyr, d’où, en 1906, il rejoint l’École de cavalerie de Saumur avant d’être affecté au 10° Régiment de chasseurs à cheval, à Moulins (Allier).

A la mort de son père, en 1909, il démissionne de l’armée pour le remplacer dans ses charges et responsabilités.

Mobilisé le 4 août 1914, au 13° Régiment de Hussards à Dinan, il fera toute la guerre dans ce régiment notamment aux combats de Charleroi, de la Marne, des Flandres, de Champagne, de l’Argonne et de Verdun. Sa brillante conduite lui vaudra d’être cité quatre fois dont une à l’ordre de l’Armée et deux à l’ordre du Corps d’armée. Démobilisé avec le grade de capitaine, il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 16 juin 1920.

Il met alors toute son intelligence et son dynamisme au service de l’agriculture et de sa commune de Goven dont il est bientôt élu maire.

Il est à nouveau mobilisé, en 1939, comme chef du 2° bureau de l’état-major de la Préfecture maritime de Lorient. Sous l’occupation, il sera interné par les allemands, comme otage, en tant que maire de Goven, pour acte de sabotage.

Fondateur et animateur de coopératives, groupements, associations et syndicats, il fut surtout Président de la Chambre départementale d’agriculture d’Ille-et-Vilaine et de la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne.

Le 27 mai 1957, il est promu officier de la Légion d’honneur au titre du Ministère de l’agriculture : « Monsieur de la Bourdonnaye a un passé où les services rendus au Pays et au monde agricole sont accumulés. Le Ministre de la guerre, aussi bien que celui de l’agriculture, aurait pu couronner cet ensemble en attribuant la rosette d’officier à Monsieur de la Bourdonnaye. »

Il est décédé à Rennes le 25 février 1965.