Joseph Defermon (1752-1831), né à Ancenis en 1752, fut député de la sénéchaussée de Rennes aux Etats généraux, puis à l'Assemblée constituante. Président de la Convention le 1er décembre 1792, il dirigea les premiers débats du procès de Louis XVI.
Membre par la suite du Conseil des Cinq Cents, il fut nommé ministre d'Etat et directeur des Finances par Napoléon en 1808. La première abdication de celui-ci le fit tomber en disgrâce.
Il reprit ses fonctions pendant les Cent Jours, fut élu alors député d'Ille-et-Vilaine, mais s'exila à l'avènement de Louis XVIII.

Jean-Denis Lanjuinais (1753-1827), eut une carrière un peu parallèle. Né à Rennes en 1753 où il fit ses études, il fut élu à l'Assemblée constituante où il participa à l'élaboration de la Constitution civile du clergé. Girondin, il réussi à échapper à la Terreur en se cachant à Rennes.
Il reprit ensuite une belle carrière politique : sénateur sous le Consulat et sous l'Empire, il entra à la Chambre des pairs sous la Restauration. On lui doit de nombreux travaux législatifs.

Jean, comte de Lariboisière (1759-1812), naquit à Fougères et, après des études au collège Saint-Yves de cette ville, il fut élève des écoles militaires de La Fère et de Valence. Marié en 1786 à Marie Lebeschu de la Rallaye, il en eut trois enfants : une fille qui décéda en bas âge, et deux fils, Honoré et Ferdinand. Ferdinand, officier du 1er régiment de carabiniers, mourut à la bataille de la Moscova.
Capitaine en 1791, Lariboisière poursuivit une carrière militaire qui le fit nommer directeur de l'artillerie par Napoléon en 1796. Celui-ci appréciait ses grandes qualités. Il le fit nommer général de brigade en 1803 et lui accorda la Légion d'honneur en 1804. Lariboisière accompagna l'empereur dans ses campagnes : Austerlitz, Eylau, Dantzig, Friedland, etc. Chef de la garde impériale en 1806, il fut nommé gouverneur de Hanovre en 1807.
En 1812, il participa à la bataille de la Moscova et mourut peu après à Koenigsberg (21 décembre 1812). Il est inhumé aux Invalides.

Guillaume Legraverend (1765-1834), avocat à Rennes, échappa à la proscription sous la Révolution. Sous l'empire, il fut professeur de droit, puis avocat général. Sous la Restauration, il mena une carrière politique tout en poursuivant sa carrière de juriste : député en 1817, président de chambre en 1830. La rue Legraverend porte le nom de son fils Hippolyte, député lui aussi, qui légua aux hospices de Rennes toute sa fortune .

François-René de Chateaubriand (1768-1848) Né à Saint-Malo en 1768, F.-R. de Chateaubriand passe toute sa jeunesse en Bretagne, entre Saint-Malo, Dinan et le château familial de Combourg. Il fait ses études à rennes et Brest. Il est ainsi profondément marqué par le caractère rude et romantique de sa province d'origine.
Jeune aristocratique libéral, il accueille avec une certaine sympathie les idées de 1789, mais s'éloigne très vite des excès de la Révolution. Après un long voyage en Amérique (1791), il s'exile à Jersey, puis à Londres. Il ne rentre en France qu'en 1800 et entreprend alors une double carrière d'homme d'état et d'écrivain.
Ministre de Napoléon, il rompt avec l'empereur après l'assassinat du duc d'Enghien. Sous la Restauration, il sert la monarchie de 1814 à 1830 d'abord comme ambassadeur à Rome, Berlin et Londres, puis comme ministre des Affaires étrangères. Il interrompt définitivement sa carrière politique en 1830 quand il voit la monarchie essayer de revenir vers un pouvoir plus absolu.
Mais c'est comme écrivain que Chateaubriand s'inscrit dans notre mémoire nationale. Il est le premier écrivain romantique français. Après ses premiers romans (Atala, René, Les Martyrs), il publie en 1802 Le Génie du christianisme qui connaît un grand succès. Cependant ce sont les Mémoires d'outre-tombe, écrits de 1811 à 1841 qui lui vaudront une renommée sans égale. Cet ouvrage, écrit en grande partie dans sa propriété de la Vallée aux loups, se veut le poème de sa vie et celui de son temps. Ils ne seront publiés, selon la volonté de l'auteur, qu'après sa mort.
Chateaubriand mourut le 19 juillet 1848 et fut enterré à sa demande à Saint-Malo sur l'îlot du Grand Bé, face au large.

Félix Jan de La Hamelinaye (1769-1861), premier aide de camp de Bernadotte, fut promu général le 25 février 1807. Il poursuivra sa carrière militaire sous la Restauration.

Louis-Marie Lévêque de la Ferrière, caporal dans la garde nationale dès 1791, servira dans l'armée de Moselle, puis, sous Napoléon, sera de toutes les campagnes (Hanovre, Autriche, Prusse, Espagne...). Présent à Austerlitz, Eylau, Friedland, il est blessé plusieurs fois (à Kulm, Leipzig...) et doit être amputé de la jambe à Craonne. En 1814, il est fait chambellan de l'empereur. Comme La Hamelinaye, il poursuivra sa carrière militaire sous la Restauration.
Jean-Baptiste Jamin (1775-1815), entré dans l'armée à 17 ans en 1792, sert d'abord dans l'armée du Nord de Dumouriez. Il s'illustre par la suite dans la campagne d'Italie (1805). Devenu aide de camp de Joseph Bonaparte, roi de Naples et de Sicile, il le suit en Espagne comme colonel de sa garde en 1808. En 1810, maréchal de camp, il prend le commandement de la cavalerie et de la garde, mais la situation en Espagne se dégradant peu à peu, il rentre en France en 1814 avec le titre de général de brigade.
Après le retour de l'île d'Elbe, il est blessé mortellement à Waterloo à l'âge de 40 ans.

François Broussais (1772-1838) Parmi les médecins et pharmaciens honorés de la Légion d'honneur en Ille-et-Vilaine, le plus connu est sans doute François Broussais, né à Saint-Malo en 1772. Il côtoie au collège de Dinan Surcouf et Chateaubriand. Puis il fait des études de médecine à Paris où il est reçu docteur en 1803. Il s'engage sur la voie de la médecine militaire dans l'armée de Napoléon : il est à Austerlitz et participe aux opérations dans le Frioul et la Dalmatie. En 1808, il est nommé médecin-chef de l'armée d'Espagne.
Ses recherches à cette époque portent sur la phtisie pulmonaire ; il publie une Histoire des phlegmasies. Considérant toutes les maladies comme inflammatoires, il est un fervent partisan de la saignée qu'il tentera d'appliquer aux maladies du cerveau (Traité de l'irritation et de la folie).
Professeur au Val de Grâce en 1814, il devient le patron respecté de nombre d'étudiants. Devenu membre de l'Académie de médecine, il publie les Annales de la médecine physiologique (26 volumes). Quand il meurt en 1838, comblé d'honneur, ses funérailles sont grandioses.

Robert Surcouf (1773-1827) Né en 1773 à Saint-Malo, Robert Surcouf est le plus illustre de nos corsaires pendant les guerres de la Révolution.
Fils d'un armateur, il commence à naviguer dès l'âge de 13 ans et fait plusieurs campagnes sur les côtes d'Afrique et dans l'océan Indien, pratiquant alors la traite des Noirs.
En 1795, il est à la tête d'un navire armé en course et en 1796,alors que les royaumes européens sont coalisés contre la jeune république, il se rend maître du Triton , bâtiment anglais de 1 000 tonneaux, armé de 26 pièces et servi par 150 hommes.
Puis à bord de la Clarisse, qu'il fait construire à Nantes, il fait de nombreuses prises dans l'Atlantique et l'océan Indien. Mais c'est à bord de la Confiance, dans le golfe du Bengale qu'il réalise son plus haut fait d'armes : avec ses cent cinquante hommes d'équipage, il s'empare du Kent, navire anglais de 1 200 tonneaux ; il sort vainqueur d'un combat acharné qui l'oppose à un équipage anglais trois fois plus nombreux (octobre 1800). De retour à Saint-Malo, il se marie en 1801. Ayant amassé une fortune énorme, il devient armateur, équipant ses navires pour la guerre de course. Après 1815, il arme des navires marchands et meurt en 1827 en son manoir de Riancourt en Saint-Servan.
Napoléon l'avait fait chevalier de la Légion d'honneur : c'était le premier Malouin à recevoir cette décoration.